Professeur des écoles : quelle reconversion après ?
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Professeur des écoles : quelle reconversion après ?

Par Thibaut Pinsard · 28 décembre 2021 · 6 min de lecture

Après quelques années passées au sein de l’Éducation Nationale, il arrive que la vocation s’étiole ou que naissent des envies d’ailleurs. Usés par le quotidien d’une école qui ne répond plus à leurs aspirations, certains enseignants jettent l'éponge et songent à se reconvertir. Vous, qui vous posez la question d’une éventuelle évolution de carrière, ne savez pas forcément par quel bout prendre la chose. Alors, quelles sont les possibilités de reconversion quand on est professeur des écoles ? On fait le point sur les options qui s’offrent à vous.

Pourquoi envisager une reconversion quand on est professeur des écoles ?

Entre usure du quotidien et aspirations naissantes, il se peut que vous vous sentiez désorienté. Peut-être en avez-vous assez des classes surchargées, des corrections et du travail de préparation que vous rapportez chez vous le soir ? Ou de vos conditions de travail, qui se sont dégradées au fil des années ?

Certains enseignants du primaire réalisent au bout de quelques années de pratique qu’ils avaient idéalisé un métier qui n’a jamais répondu à leurs attentes. D’autres sont pris entre quatre murs d’une classe qui n’offre aucune perspective d’évolution et songent sérieusement à une reconversion professionnelle. Mais que faire d’un concours de professeur des écoles lorsque l’on souhaite quitter la fonction publique ?

Les témoignages d’anciens profs devenus rédacteurs, artisans ou photographes se multiplient et visent à rassurer ceux qui, comme vous, s'apprêtent à changer de métier. La réorientation professionnelle des professeurs des écoles est un parcours parfois semé d’embûches et le partage d’expérience porte toujours ses fruits. Certains de ces retours enrichissants sont compilés sous forme d’interviews, comme au sein du podcast Avant j’étais prof, qui vous offre des pistes pour la suite.

Peut-on se reconvertir sans quitter l’enseignement ?

Si l’enseignement reste pour vous une activité de laquelle vous n’avez pas envie de vous couper radicalement, vous pouvez opter pour une version différente du métier. Une des reconversions envisageables, après avoir été professeur des écoles, c’est de donner des cours particuliers. Pas uniquement à des enfants du primaire, d’ailleurs ! Grâce à votre formation initiale, vous êtes en mesure de donner des cours particuliers à un niveau plus avancé que celui du premier degré.

Vous pouvez également décider d’instruire des adultes, notamment ceux qui prennent des cours du soir pour apprendre le français en langue étrangère. Une autre option : enseigner dans une école alternative qui vous formera à ses méthodes et à sa pédagogie. Devenir animateur aux Décliques vous permettra d'ouvrir votre propre forest school ! C’est un tout autre mode d’enseignement qui s’offre à vous.

Faut-il commencer par un bilan de compétences ?

Il y a une vie en dehors de votre rectorat, vous en êtes convaincu. Et il se trouve que vous êtes dans le vrai ! Pour bien prendre le virage de sa reconversion d’enseignant du premier degré, le bilan de compétences est tout indiqué. Loin d’être une obligation, il est néanmoins utile à tous ceux pour qui la suite paraît encore floue.

Ce bilan permet de lever les doutes sur vos aptitudes et vos compétences professionnelles, mais également de définir vos motivations profondes. Il vous permet aussi de vous libérer de vos éventuels freins, pour mieux aller de l’avant et construire un projet qui vous ressemble.

En tant que professeur des écoles, vous avez des compétences et une expertise métier : travail en équipe, gestion des groupes, créativité. Mais aussi adaptabilité, autonomie et haut degré d’organisation. Vous êtes également bon communicant et avez une forte culture générale. Ces capacités-là sont facilement transférables à d’autres métiers que le bilan de compétences aura fait émerger. Faites un point sur ce qui vous donne envie de vous lever le matin, sur vos domaines d’expertise et vos attentes. Ce sera toujours un plus.

Peut-on quitter l’Éducation nationale pour une autre administration ?

Oui. En tant que professeur titulaire, vous relevez du statut général des fonctionnaires de l'État. À ce titre, il vous est possible de faire une demande de détachement : exercer, pour une durée déterminée, un autre emploi que le vôtre, tout en gardant la possibilité de revenir.

Le détachement de courte durée ne dépasse pas six mois et n’est pas renouvelable, sauf à l’étranger ou outre-mer où il peut aller jusqu’à un an. Le détachement de longue durée va jusqu’à cinq ans, renouvelable par périodes de cinq ans au plus ; si vous le poursuivez au-delà, l’administration qui vous accueille vous propose une intégration dans ses cadres (fiche « Détachement » du ministère de l’Éducation nationale).

Les trois fonctions publiques (État, territoriale et hospitalière) vous sont accessibles, ce qui vous offre un large panel de métiers à envisager. Puis à tester à court terme ! L’avantage, c’est que vous pourrez toujours faire marche arrière et réintégrer votre classe si, finalement, l’herbe n’était pas plus verte de l’autre côté de la barrière.

S'orienter vers les métiers du care

Le care est une reconversion possible lorsqu’on est maîtresse en maternelle et qu’on apprécie la prise en charge de jeunes enfants. Mais qu’on souhaite sortir du cadre de l’Enseignement national… On entend par care, un ensemble de métiers qui se situent à la croisée des tâches sociales ou domestiques et leur professionnalisation par les politiques publiques. On y retrouve beaucoup d’emplois dits domestiques ou de service (aide à domicile, aide ménagère, prise en charge des personnes âgées ou des tout-petits).

Polyvalents, les métiers du paramédical plairont aux professeurs des écoles chez qui le désir d’aide à la personne est bien ancré, mais qui n’ont plus envie d’enseigner. Cela dit, pour devenir infirmière il faudra d’abord passer à nouveau par la case université… et diplôme ! Et si ce sont les tout-petits qui vous attirent, le métier d’éducateur de jeunes enfants se prépare en trois ans.

Comment financer une reconversion quand on est enseignant ?

Lorsque votre projet de reconversion a des contours définis et que vous avez identifié un métier qu’il vous plairait d’exercer, il est temps de se lancer. Parfois, c’est un parcours qui implique l'obtention d’un nouveau diplôme. Ou d’une formation, plus ou moins longue. Voyez si vous avez la possibilité de vous mettre en disponibilité temporaire ou de passer à mi-temps. Sans quoi il vous faudra démissionner, ou négocier une rupture conventionnelle avec votre administration.

Le conseiller mobilité du rectorat dont vous dépendez peut vous aider à y voir plus clair pour passer à l’action. Votre CPF (Compte Personnel de Formation) peut aussi financer une partie de la formation : pour un fonctionnaire, il est crédité de 25 heures par an, jusqu’à 150 heures, et il peut servir à préparer une reconversion, avec l’accord écrit de votre administration, qui prend alors la formation en charge (Service-Public.fr).

Malgré les options qui s’offrent à vous, la reconversion des professeurs des écoles peut ressembler à un véritable parcours du combattant. Bon nombre de témoignages convergent et pointent la difficulté à quitter un métier qu’ils ont mis des années à intégrer. Sachez que des solutions existent pour faire évoluer votre carrière de prof vers un enseignement alternatif qui vous remet sur les rails du plaisir d’instruire !

Quitter l’Éducation nationale : les quatre voies, comparées

L’essentiel en bref

  • Tester sans rompre : le détachement vous fait exercer un autre emploi public, avec une porte de retour.
  • Faire une pause : la disponibilité pour convenances personnelles dure jusqu’à cinq ans, renouvelable, dans la limite de dix ans sur toute la carrière.
  • Partir avec une indemnité : la rupture conventionnelle, réservée aux titulaires, suppose l’accord de votre administration.
  • Financer une formation : le CPF d’un fonctionnaire est crédité de 25 heures par an, jusqu’à 150 heures.

Détachement, disponibilité ou rupture conventionnelle : que choisir ?

Tout dépend de ce que vous voulez garder. Le détachement et la disponibilité vous laissent une porte de retour dans l’Éducation nationale ; la rupture conventionnelle, elle, met fin à votre statut de fonctionnaire. Pendant une disponibilité, vous êtes placé hors de votre administration et vous cessez d’acquérir des droits à l’avancement et à la retraite (fiche « Disponibilité » du ministère de l’Éducation nationale). Le tableau ci-dessous résume les durées.

VoieDuréeRetour possibleÀ savoir
Détachement de courte durée6 mois maximum, non renouvelable (1 an à l’étranger ou outre-mer)OuiPour tester un autre emploi public
Détachement de longue durée5 ans maximum, renouvelable par périodes de 5 ansOuiAu-delà de 5 ans, l’administration d’accueil propose une intégration
Disponibilité pour convenances personnelles5 ans maximum, renouvelable, 10 ans au plus sur la carrièreOuiPlus de droits à l’avancement ni à la retraite pendant la période
Disponibilité pour créer ou reprendre une entreprise2 ans maximumOuiPour lancer votre propre activité
Rupture conventionnelleDéfinitiveNon : l’indemnité est à rembourser en cas de recrutement par l’État dans les 6 ansTitulaires uniquement, accord des deux parties, indemnité spécifique

Questions fréquentes

Peut-on toucher le chômage en quittant l’Éducation nationale ?

Après une rupture conventionnelle, oui : en plus de l’indemnité spécifique de rupture, vous pouvez percevoir les allocations chômage si vous remplissez leurs conditions d’attribution (Service-Public.fr). La rupture conventionnelle est réservée aux fonctionnaires titulaires, un stagiaire ne peut pas y prétendre. Elle se négocie : ni vous ni votre administration ne pouvez l’imposer.

Existe-t-il une prime pour quitter l’Éducation nationale ?

C’est l’indemnité spécifique de rupture conventionnelle. Son montant se discute avec votre administration, entre un minimum et un maximum qui dépendent de votre ancienneté. Attention : si vous êtes recruté par une administration de l’État dans les six ans qui suivent la rupture, vous devrez rembourser cette indemnité, au plus tard dans les deux ans suivant votre recrutement.

Peut-on utiliser son CPF pour une reconversion quand on est enseignant ?

Oui. Le compte personnel de formation d’un fonctionnaire est crédité de 25 heures à la fin de chaque année, jusqu’à 150 heures, et il peut financer la préparation d’une reconversion professionnelle. Il faut demander l’accord écrit de votre administration sur la nature, le calendrier et le financement de la formation, qu’elle prend ensuite en charge.

Et si votre reconversion restait au contact des enfants, mais dehors ? Les Décliques met à disposition des ressources pour créer une forest school, une pédagogie par la nature où le jeu libre tient une place centrale dans la journée.

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